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Mini Transat : une aventure d'exception

Douarnenez Courses, 18 décembre 2013

Avec l'arrivée d'Hugues Chollet, dernier des concurrents de la Mini Transat à rallier Pointe-à-Pitre, l'édition 2013 a laissé tomber le rideau sur une équipée qui devrait rester dans les annales de la course.

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Entre coups de théâtres, portes météo qui claquent, bonheurs des uns et désillusions des autres, elle laissera des traces dans les mémoires.

 

Pour son retour en Bretagne après 12 ans d’escapade rochelaise, la Mini Transat aura joué sur les contrastes. Si les semaines qui ont précédé le départ théorique de la course ont été marquées sous le signe de l’été indien, la brusque dégradation des conditions météo sur la pointe nord-ouest de l’Espagne a provoqué le plus grande retard jamais pris dans l’organisation d’une course au large, puisque ce n’est que le 29 octobre, soit seize jours après la date pressentie à l’origine que la course peut prendre son élan.

 

De Gijon à Sada

La première étape tronquée suite à la décision de neutralisation provoquée par une nouvelle dégradation des conditions météo a créé des fractures profondes au sein de la flotte. Il y eut les cinq rescapés de Sada, les seuls parvenus au but fixé, isolés du reste de la flotte, partagés entre satisfaction d’avoir été au bout de l’étape et frustrés de ne pas avoir pu capitaliser l’avance prise sur les poursuivants. Il y eut l’immense majorité de la flotte réfugiée à Gijon, logiquement déstabilisée, qui a peiné pour s’arracher du grand port asturien et rejoindre Sada dans une navigation côtière particulièrement éprouvante. A Sada, une fois toute la flotte réunie, on pouvait compter ceux qui rêvaient d’aller en découdre et ceux qui étaient déjà usés mentalement par une trop longue attente.

 

Sortie par le haut, mais entrée en matière brutale

Ce n’est finalement que le 13 novembre, soit un mois jour pour jour après la date de départ de Douarnenez, que la flotte a pu quitter Sada pour un parcours inédit à destination de Pointe-à-Pitre sans escale. Soit la plus longue étape jamais parcourue par un Mini. Seule une porte devant Lanzarote canalisera la flotte avant la grande traversée atlantique. L’entrée en matière est brutale : vents de nord-est souvent supérieurs à 35 nœuds et mer démontée transforment les premiers jours de navigation en hécatombe. Les abandons se succèdent et quelques favoris comme Gwénolé Gahinet en prototype, Ian Lipinski ou Clément Bouyssou en série voient leurs rêves de victoire s’envoler. Au final, ce seront les plus prudents, ceux qui ont décidé de naviguer en conservateurs, peu toilés, vent arrière et voiles en ciseaux qui feront la bonne opération. A Lanzarote, ils seront prêts à batailler pour la tête de course avec un bateau en bon état pour traverser l’Atlantique.

 

Le piège de Lanzarote

Pour d’autres, l’escale à Lanzarote est devenue obligatoire, compte tenu des multiples bobos subis (essentiellement des problèmes de safrans, d’alimentation électrique ou de bout dehors endommagés). Mais difficile, quand les arrivées se succèdent en nombre de s’extirper au plus vite de l’escale et de repartir en mer. D’autant que tous savent qu’en faisant escale, ils perdent leurs chances d’accéder au podium. Il faut donc une sacrée volonté pour reprendre la course le mors aux dents et repartir à l’attaque. Certains y perdront des heures précieuses, quand d’autres finiront par jeter l’éponge.

 

Un Atlantique qui n’en finit pas

A la sortie des Canaries, le tri est fait. En prototype Giancarlo Pedote, impeccable leader, s’est débarrassé de tous ses poursuivants, sauf un Benoît Marie qui s’accroche au tableau arrière du navigateur italien. Derrière eux, surgissent des navigateurs qu’on n’attendait pas forcément à pareille fête : Rémi Fermin sur un bateau qu’il a dessiné, construit avec une économie de moyens qui force l’admiration et Bruno Garcia, qui sur un bateau de 15 ans d’âge peut encore espérer un podium.

En série, Aymeric Belloir a creusé petit à petit l’écart sur ses deux adversaires directs, Justine Mettraux et Simon Koster.

Dès lors, les écarts ne vont cesser de se creuser au profit des hommes de tête. D’autant qu’une dépression viendra se mettre sur la route des poursuivants qui subissent une double peine : non content de voir les leaders s’échapper, ils devront lutter plusieurs jours durant contre des vents de face ou dans la pétole, chaque journée étant entrecoupée de grains orageux.

 

Gwada, terre promise

« C’était dur… » A peine, débarqués de leur coque de noix, c’est le leitmotiv qui est revenu le plus souvent. Pour certains, la déception du résultat s’ajoutait à une fatigue réelle, quand d’autres se demandaient encore comment ils avaient pu trouver le moyen  puiser au fond d’eux-mêmes des ressources jusqu’ici ignorées. Globalement, les « anciens » ont trouvé le parcours beaucoup plus ouvert, plus stratégique que la descente vers le Brésil qui s’apparentait souvent, sur la deuxième étape, à une course de vitesse. Ceux qui n’avaient jamais traversé l’Atlantique ont pu mesurer à quel point l’alizé n’est pas comme on l’imagine à tort, un long tapis roulant baigné par un vent stable en force comme en direction. Il reste maintenant à tirer les enseignements de cette première édition pour l’équipe de Douarnenez Courses de manière à faire que 2015 soit plus belle encore.

PFB



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